Archive for the ‘Jean de La Bruyère’ Category
J. de La Bruyère : L’esprit de la conversation consiste bien moins
L’esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu’à en faire trouver aux autres. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit l’est de vous parfaitement.
J. de La Bruyere : Entre toutes les différentes expressions
Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant ; il est vrai néanmoins qu’elle existe, que tout ce qui ne l’est point est faible, et ne satisfait point un homme d’esprit qui veut se faire entendre.
J. de La Bruyère : Il arrive quelquefois qu’une femme cache à un homme
Il arrive quelquefois qu’une femme cache à un homme toute la passion qu’elle sent pour lui, pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu’il ne sent pas.
J. de La Bruyère : Il n’est pas si aisé de se faire un nom
Il n’est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait que d’en faire valoir un médiocre par le nom qu’on s’est déjà acquis.
J. de La Bruyère : Il n’y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom
Il n’y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s’achève que l’on a à peine ébauché son ouvrage.
J. de La Bruyère : Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom
Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille, s’appelât travailler.
J. de La Bruyère : Quand une lecture vous élève l’esprit et qu’elle vous inspire des sentiments
Quand une lecture vous élève l’esprit et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l’ouvrage : il est bon et fait de main d’ouvrier.
J. de La Bruyère : Il y a une espèce de honte d’être heureux
Il y a une espèce de honte d’être heureux à la vue de certaines misères.
J. de La Bruyère : Il n’y a point d’ouvrage si accompli qui ne fondît tout entier au milieu de la critique
Il n’y a point d’ouvrage si accompli qui ne fondît tout entier au milieu de la critique, si son auteur voulait en croire tous les censeurs qui ôtent chacun l’endroit qui leur plaît le moins.
J. de La Bruyère : Un caractère bien fade est celui de n’en avoir aucun
Un caractère bien fade est celui de n’en avoir aucun.
J. de La Bruyère : Tant que les hommes pourront mourir et qu’ils aimeront à vivre
Tant que les hommes pourront mourir et qu’ils aimeront à vivre, le médecin sera raillé et bien payé.
J. de La Bruyère : Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l’ignorance, la médisance, l’envie, l’oublie de soi-même et de Dieu.
J. de La Bruyère : La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie
La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.
J. de La Bruyère : Il n’y a pour l’homme que trois évènements : naître, vivre, mourir
Il n’y a pour l’homme que trois évènements : naître, vivre, mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre.
J. de La Bruyère : L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune
L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par les mêmes défauts qui les y avaient fait monter.
J. de La Bruyère : C’est un métier de faire un livre
C’est un métier de faire un livre, comme de faire une pendule.
J. de La Bruyère : Ceux qui emploient mal leur temps
Ceux qui emploient mal leur temps, sont les premiers à se plaindre de sa brièveté.
J. de La Bruyère : L’amour qui naît subitement est le plus long à guérir
L’amour qui naît subitement est le plus long à guérir.
J. de La Bruyère : Une femme insensible est celle qui n’a pas encore vu
Une femme insensible est celle qui n’a pas encore vu celui qu’elle doit aimer.
J. de La Bruyère : La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau
La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
J. de La Bruyère : Le plaisir le plus délicat est de faire
Le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui.
J. de La Bruyère : C’est la profonde ignorance qui inspire le ton
C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique.
J. de La Bruyère : La moquerie est souvent indigence d’esprit
La moquerie est souvent indigence d’esprit.
J. de La Bruyère : Les femmes sont extrêmes
Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes.
J. de La Bruyère : L’ennui est entré dans le monde par la paresse
L’ennui est entré dans le monde par la paresse.
J. de La Bruyère : L’impossibilité où je suis de prouver que Dieu n’est pas
L’impossibilité où je suis de prouver que Dieu n’est pas me découvre son existence.
J. de La Bruyère : Il faut rire avant d’être heureux
Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri.
J. de La Bruyère : Il faut être bien dénué d’esprit
Il faut être bien dénué d’esprit, si l’amour, la malignité, la nécessité n’en font pas trouver.