Archive for the ‘Jean de La Fontaine’ Category
J. de La Fontaine : Légère et court-vêtue
Légère et court-vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats.
J. de La Fontaine : O douce volupté
O douce volupté, sans qui, dès notre enfance,
Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ;
Aimant universel de tous les animaux,
Que tu sais attirer avec que violence !
Par toi tout se meurt ici-bas.
J. de La Fontaine : Ceci s’adresse à vous, esprits
Ceci s’adresse à vous, esprits du dernier ordre,
Qui, n’étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre.
J. de La Fontaine : Ce qu’on donne aux méchants
Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.
(…)
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.
J. de La Fontaine : Au reste, il est bon qu’on vous dise
Au reste, il est bon qu’on vous dise
Qu’entre la chair et la chemise
Il faut cacher le bien qu’on fait.
J. de La Fontaine : Chacun se dit ami : mais fou qui s’y repose
Chacun se dit ami : mais fou qui s’y repose ;
Rien n’est plus commun que le nom,
Rien n’est plus rare que la chose.
J. de La Fontaine : Gardez-vous bien surtout de remettre à l’automne
Gardez-vous bien surtout de remettre à l’automne :
L’hiver vient aussitôt : rien n’arrête le temps,
Clymène, hâtez-vous, car il n’attend personne.
J. de La Fontaine : Entre la veuve d’une année
Entre la veuve d’une année
Et la veuve d’une journée
La différence est grande.
J. de La Fontaine : Je chéris l’Arioste et j’estime le Tasse
Je chéris l’Arioste et j’estime le Tasse ;
Plein de Machiavel, entêté de Boccace,
J’en parle si souvent qu’on en est étourdi ;
J’en lis qui sont du Nord et qui sont du Midi.
J. de La Fontaine : Même beauté, tant soit exquise
Même beauté, tant soit exquise,
Rassasie et soûle à la fin.
Il me faut d’un et d’autre pain :
Diversité, c’est ma devise.
J. de La Fontaine : Ne faut-il que délibérer
Ne faut-il que délibérer ?
La cour en conseillers foisonne :
Est-il besoin d’exécuter ?
L’on ne rencontre plus personne.
J. de La Fontaine : Le trop d’expédients peut gâter une affaire
Le trop d’expédients peut gâter une affaire :
On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire.
N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon.
J. de La Fontaine : Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue
Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue,
Que je ne dise rien qui doive être repris.
J. de La Fontaine : Quant à son temps, bien le sut dispenser
Quant à son temps, bien le sut dispenser :
Deux parts en fit, dont il voulait passer
L’une à dormir et l’autre à ne rien faire.
J. de La Fontaine : Il lit au front de ceux qu’un vain luxe environne
Il lit au front de ceux qu’un vain luxe environne
Que la Fortune vend ce qu’on croit qu’elle donne.
J. de La Fontaine : Entre Bacchus et le sacré vallon
Entre Bacchus et le sacré vallon
Toujours on vit une étroite alliance.
J. de La Fontaine : Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n’est rien
Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n’est rien,
C’est une femme qui se noie.
Je dis que c’est beaucoup ; et ce sexe vaut bien
Que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie.
J. de La Fontaine : Deux démons à leur gré partagent notre vie
Deux démons à leur gré partagent notre vie,
Et de son patrimoine ont chassé la raison ;
(…)
J’appelle l’un amour, et l’autre, ambition.
J. de La Fontaine : A ces mots l’animal pervers
A ces mots l’animal pervers
(C’est le serpent que je veux dire
Et non l’homme : on pourrait aisément s’y tromper).
J. de La Fontaine : J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique
J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout : il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un coeur mélancolique.
J. de La Fontaine : Il me faut du nouveau
Il me faut du nouveau, n’en fût-il point au monde.
J. de La Fontaine : Chez les amis, tout s’excuse, tout passe
Chez les amis, tout s’excuse, tout passe ;
Chez les amants, tout plaît, tout est parfait ;
Chez les époux, tout ennuie et tout lasse.
J. de La Fontaine : Amour, Amour, quand tu nous tiens
Amour, Amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire : “Adieu, prudence !”
J. de La Fontaine : La faim, l’occasion, l’herbe tendre
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant.
J. de La Fontaine : Rien ne pèse tant qu’un secret
Rien ne pèse tant qu’un secret ;
Le porter loin est difficile aux dames,
Et je sais même sur ce fait
Bon nombre d’hommes qui sont des femmes.
J. de La Fontaine : Beaucoup mieux seul qu’avec des sots
Beaucoup mieux seul qu’avec des sots.
J. de La Fontaine : Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense
Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense.
J. de La Fontaine : Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux
Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
J. de La Fontaine : A quoi bon charger votre vie
A quoi bon charger votre vie
Des soins d’un avenir qui n’est pas fait pour vous ?
J. de La Fontaine : Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
J. de La Fontaine : Apprenez que tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute
Apprenez que tout flatteur
vit au dépens de celui qui l’écoute.
J. de La Fontaine : Parbleu ! dit le meunier, et bien fou du cerveau
Parbleu ! dit le meunier, et bien fou du cerveau
Qui prétend contenter tout le monde et son père.
J. de La Fontaine : Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris
Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris.
J. de La Fontaine : Aide-toi, le ciel t’aidera
Aide-toi, le ciel t’aidera.
J. de La Fontaine : On hasarde de perdre en voulant trop gagner
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
J. de La Fontaine : L’avarice perd tout en voulant tout gagner
L’avarice perd tout en voulant tout gagner.
J. de La Fontaine : Sur les ailes du Temps la tristesse s’envole
Sur les ailes du Temps la tristesse s’envole.
J. de La Fontaine : Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.
J. de La Fontaine : L’absence est aussi bien un remède à la haine
L’absence est aussi bien un remède à la haine qu’un appareil contre l’amour.
J. de La Fontaine : Un auteur gâte tout quand il veut
Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire.