Archive for the ‘Nicolas Boileau’ Category
N. Boileau : L’Académie en corps a beau le censurer
L’Académie en corps a beau le censurer,
Le public révolté s’obstine à l’admirer.
N. Boileau : Si Bourdaloue un peu sévère
Si Bourdaloue un peu sévère
Nous dit : craignez la volupté,
Escobar, lui, dit-on, mon père,
Nous la permet pour la santé.
N. Boileau : Et que sert à Cotin la raison qui lui crie
Et que sert à Cotin la raison qui lui crie :
N’écris plus, guéris-toi d’une vaine furie ;
Si tous ces vains conseils, loin de le réprimer,
Ne font qu’accroître en lui la fureur de rimer ?
N. Boileau : Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;
Polissez-le sans cesse et le repolissez.
N. Boileau : Ton oncle, dis-tu, l’assassin
Ton oncle, dis-tu, l’assassin
M’a guéri d’une maladie :
La preuve qu’il ne fut jamais mon médecin,
C’est que je suis encore en vie.
N. Boileau : J’imite de Conrart le silence prudent
J’imite de Conrart le silence prudent.
N. Boileau : De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air,
De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air,
Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer,
De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome,
Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.
N. Boileau : Il n’est point de serpent ni de monstre odieux
Il n’est point de serpent ni de monstre odieux
Qui, part l’art imité, ne puisse plaire aux yeux.
N. Boileau : Heureux qui, dans ses vers, sait d’une voix légère
Heureux qui, dans ses vers, sait d’une voix légère
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère.
N. Boileau : Jamais surintendant ne trouva de cruelles
Jamais surintendant ne trouva de cruelles.
L’or, même à la laideur, donne un teint de beauté.
N. Boileau : Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément.
N. Boileau : Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne avec soi
Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne avec soi :
Le moment où je parle est déjà loin de moi.
N. Boileau : L’ignorance vaut mieux qu’un savoir affecté
L’ignorance vaut mieux qu’un savoir affecté.
N. Boileau : Un sot trouve toujours un plus sot
Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.
N. Boileau : Qui vit content de rien possède toute chose
Qui vit content de rien possède toute chose.
N. Boileau : Le mal que l’on dit d’autrui ne produit que du mal
Le mal que l’on dit d’autrui ne produit que du mal.
N. Boileau : Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.
N. Boileau : Rien n’est beau que le vrai
Rien n’est beau que le vrai : le vrai seul est aimable.
N. Boileau : Mais dans l’art dangereux de rimer et d’écrire
Mais dans l’art dangereux de rimer et d’écrire,
Il n’est pas de degré du médiocre au pire.
N. Boileau : La jeunesse en sa fleur brille sur son visage
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage.
N. Boileau : Des sottises du temps je compose mon fiel
Des sottises du temps je compose mon fiel.
N. Boileau : Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits
Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits
Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix.
N. Boileau : Ami de la vertu plutôt que vertueux
Ami de la vertu plutôt que vertueux.
N. Boileau : L’ignorance toujours est prête à s’admirer
L’ignorance toujours est prête à s’admirer.
N. Boileau : Le pénible fardeau de n’avoir rien à faire
Le pénible fardeau de n’avoir rien à faire.
N. Boileau : Des sottises d’autrui nous vivons au Palais
Des sottises d’autrui nous vivons au Palais.
Messieurs, l’huître était bonne. Adieu. Vivez en paix.
N. Boileau : Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue
Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue.